Le chantage de Ryanair

Publié le par nolowcost

impots.jpgCe week-end, La Charente Libre se fait l'écho de la colère des élus locaux face aux méthodes de Ryanair qui a l'habitude de faire financer ses réductions de coûts grâce à l'argent des contribuables. Nous consacrons dans notre livre No Low Cost un long chapitre (Contribuable high cost, page 45) sur cette imposture. Nous expliquons que pour afficher des billets à un prix très attractif, une astuce très efficace consiste à faire payer la différence de coûts par le contribuable. Il ne s'agit pas vraiment de mensonges sur les prix, mais plutôt d’un habile transfert de coûts. Peut-on encore parler de low cost lorsque ce sont les voyageurs qui financent eux-mêmes, sans le savoir, leurs propres billets d’avions par le biais de leurs impôts locaux ?

Nous reproduisons ci-dessous l'article de La Charente Libre :

Le «non» au chantage de Ryanair

Samedi 12 décembre 2009


Ismaël KARROUM

Cela devrait vrombir aussi sèchement que le réacteur d'un Boeing 737 lundi matin autour de la table du syndicat mixte de l'aéroport Angoulême-Cognac. A l'heure des orientations budgétaires, les élus devraient provisionner une enveloppe d'un montant de 225.000 euros pour accompagner la communication sur internet des lignes de Ryanair au départ de Brie-Champniers. Mais la compagnie low cost a allumé la mèche en expédiant une lettre lundi dernier aux élus charentais. Un courrier dans lequel l'avionneur irlandais demande aux collectivités de gonfler leur budget pour soutenir la communication de la compagnie aérienne. Sans préciser de chiffre et en disant, grosso modo: «Faites-nous des propositions.»


A Poitiers, le mois dernier, c'est un million d'euros de rallonge «marketing» que la compagnie irlandaise a demandé aux collectivités pour maintenir ses lignes dans la capitale poitevine. Même schéma à Bergerac, La Rochelle, Limoges... Michel Boutant, le président du conseil général et sénateur de la Charente, met les gaz au moment d'aborder le fameux «courrier». «Ryanair doit cesser de nous prendre pour la poule aux oeufs d'or», assène l'élu.Le Département, la Comaga (communauté d'agglomération du Grand-Angoulême), la communauté de communes de Cognac et les chambres de commerce et d'industrie (CCI) d'Angoulême et Cognac sont liés pour cinq ans avec Ryanair.


Dernière ligne droite pour le contrat


Le contrat entamé en 2007 court jusqu'en 2012. Il prévoit trois versements: l'un de 400.000 euros, un second de 300.000 euros et un dernier de 225.000 euros afin de financer la communication de la compagnie low cost. «A lui seul, le Département finance 70% de ce budget promotion», précise Michel Boutant. Selon les termes du courrier expédié en début de semaine, Ryanair incite les Charentais à doper leur contribution. Le contrat entre dans sa dernière ligne droite. Chaque camp se positionne avant d'aborder la négociation future.


Michel Boutant n'a pas l'intention de se retrouver en position de faiblesse face au géant des vols low cost. «Ryanair joue la carte de la concurrence entre Poitiers, La Rochelle, Bergerac, Limoges et Angoulême. Ils demandent toujours plus! Mais là, ça devient excessif», peste l'élu. Qui glisse: «Surtout lorsque l'on voit les résultats de cette entreprise.» La compagnie a annoncé un bénéfice net de 136,5 millions d'euros au premier trimestre 2009.Michel Boutant a décidé de prendre son bâton de pèlerin pour constituer un front capable de faire face à Ryanair. «Voir aussi ce que ça nous rapporte»


«Je vais solliciter mes collègues de la Vienne, Dordogne, Charente-Maritime et Haute-Vienne afin que nous adoptions une position commune face à Ryanair», décrit le président du conseil général de la Charente, visiblement agacé de voir la compagnie irlandaise brandir la menace des fermetures de lignes aux quatre coins de la région.Président de la CCI d'Angoulême, Daniel Braud se veut moins ferme que les politiques. «Nous ne sommes pas dans la position de Poitiers! Nous, nous avons un contrat qui court encore pour trois ans! On n'est pas au pied du mur, on ne peut pas tout perdre maintenant», juge-t-il.


Lundi, il essaiera de convaincre les élus du syndicat mixte de l'aéroport Angoulême-Cognac des bénéfices engendrés par les lignes de Ryanair. «Il faut évidemment voir ce que ça nous coûte, mais il faut aussi bien regarder ce que ça nous rapporte! Ce sont quand même 30.000 personnes qui débarquent en Charente pendant quatre mois», rappelle-t-il. Il concède: «Si Ryanair nous demandait un million d'euros comme à Poitiers, ce ne serait pas raisonnable. Là, à nous de mener une négociation et de payer le juste prix», estime l'élu consulaire. Dans la négociation, il est prêt à payer plus s'il obtient plus: «En échange, on peut demander plus de rotations, plus d'horaires, voire une ou deux destinations supplémentaires. Notre aéroport est calibré pour trois dessertes. Au-delà, on ne peut pas, en deçà, on n'est pas bien.» Et à zéro, ce serait la catastrophe.


29.731 passagers ont été transportés entre Londres et la Charente par Ryanair cette année.52 millions d'euros, ce sont les retombées économiques injectées directement et indirectement par les lignes Charente - Londres dans l'économie charentaise. 925.000 euros. C'est ce que les collectivités doivent verser, en trois fois, pour accompagner la promotion de Ryanair lors des cinq années du contrat liant collectivités et compagnie aérienne. Il ne reste qu'un seul versement à effectuer.85%. C'est le taux de remplissage moyen en 2009 de la ligne Angoulême - Londres. Il était de 78% en 2008.5.083 Britanniques vivent en Charente selon l'Insee. Ils sont 12.972 en Poitou-Charentes.

Publié dans Aviation

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nolowcost 12/03/2010 19:31


Vendredi 12 Mars 2010

AÉROPORT. L'ancien président de la CCI quitte le Smac. Il n'a pas apprécié la gestion de l'affaire Ryanair et le départ de la compagnie
L'affaire Ryanair fait démissionner Moura

Alexandre Moura reproche à Michel Boutant de ne pas avoir entamé de négociations avec la compagnie irlandaise. (PHOTO SO)
Alexandre Moura reproche à Michel Boutant de ne pas avoir entamé de négociations avec la compagnie irlandaise. (PHOTO SO)

Alexandre Moura l'a vraiment mauvaise. L'ancien président de la CCI, de 2004 à 2007, n'a guère apprécié la façon dont a été traitée l'affaire Ryanair. Affaire qui a abouti au départ de la compagnie
irlandaise de Charente, et à la fin de la liaison aérienne entre Angoulême et Londres. « Je me suis senti touché dans mon honneur », affirme celui qui vient tout juste de remettre sa démission du
Syndicat mixte des aéroports de Charente (Smac)...

Alexandre Moura explique qu'il s'est battu pour faire revivre l'aéroport d'Angoulême-Cognac, « alors que nous avions pris du retard. Pour le rattraper, nous avons consenti de lourds investissements
». Des investissements justifiés par le succès de la ligne Ryanair vers Londres : « Le taux de remplissage fut de 87 %, un des meilleurs taux pour les lignes à bas coûts de France. Nous avons ainsi
ouvert notre département à un développement international comme ont su le faire nos voisins de Poitiers, La Rochelle, Limoges et Bergerac. Aujourd'hui, j'estime que nous avons besoin de conserver
sur notre site une grande compagnie aérienne. »

100 000 ? sur la table

Fallait-il pour autant céder au chantage de Ryanair ? « Même si mon opinion sur Ryanair est la même que celle de Michel Boutant, et qu'il s'agit effectivement de méthodes inacceptables, sans aucun
respect du contrat, je pense que nous n'aurions pas dû claquer la porte mais, au contraire, aller à Dublin, négocier avec la compagnie. Il me fut alors rétorqué qu'il y avait un front commun des
aéroports du Poitou-Charentes ».

Des propos qui n'ont pas convaincu Alexandre Moura : « J'avais raison d'être dubitatif quant à la crédibilité de ce scénario unitaire puisque La Rochelle et Poitiers ont négocié de leur côté et ont
gagné chacun une ligne supplémentaire, Dublin et Barcelone, tout en conservant leurs dessertes aériennes. »

Alexandre Moura affirme que la CCI était prête à mettre « une somme importante », en l'occurrence 100 000 ?, sur la table des négociations, pour faire plier Ryanair qui demandait 175 000 ?
supplémentaires au Smac pour rester en Charente. « Dans la mesure où le Smac a refusé le bien-fondé d'une négociation, j'ai préféré démissionner afin de rester honnête vis-à-vis de mes
convictions... J'estime qu'à Angoulême, nous n'avions pas le droit de perdre le travail accompli durant ces cinq dernières années pour lutter à armes égales avec les autres aéroports qui nous
entourent. »
Sud Ouest


nolowcost 26/02/2010 09:30


Vendredi 26 Février 2010 - Sud Ouest

TRANSPORT. La compagnie aérienne quitte la Charente. Mais une autre devrait lui succéder

Ryanair à Angoulême, c'est fini !


Depuis que le Conseil général a tapé du poing sur la table et refusé de payer la rallonge demandée par Ryanair pour maintenir sa liaison entre Angoulême et Londres, on ne se faisait guère
d'illusion sur l'avenir de la présence de la compagnie irlandaise en Charente. L'information a été confirmée hier, dans un courrier reçu par Patrick Berthault, le président du Smac (Syndicat mixte
des aéroports de Charente). Dans cette lettre, Michael Cawley, vice-président de Ryanair, annonce que sa compagnie abandonne le terrain en Charente, « pour cette année et les années à venir ».

« J'ai effectivement reçu cette lettre, nous dit Patrick Berthault. Mais cette décision ne nous étonne pas : on voyait bien que Ryanair n'avait pas mis de billet en vente au départ d'Angoulême.
C'était quasiment joué d'avance ». Rappelons que Ryanair était liée par convention au Smac : pour conserver sa ligne vers Londres, le syndicat devait verser à la compagnie 925 000 euros sur trois
ans : 400 000 euros en 2008, 300 000 euros en 2009 et 225 000 euros en 2010. Or, contre toute attente, Ryanair a demandé au Smac de rallonger la subvention 2010 à 400 000 euros, soit 175 000 euros
de plus que la somme convenue.

Inconcevable pour Michel Boutant, président du Conseil général et principal bailleur de fonds du Smac. Très en colère, Michel Boutant a refusé de « céder au chantage » et dénoncé les méthodes « de
flibustiers » de Ryanair, la société qui « engrange d'énormes bénéfices ». Et il l'a fait savoir... Depuis, pas une semaine ne s'écoule sans que d'autres collectivités, confrontées au même
problème, ne fassent part de leur soutien aux élus charentais. L'affaire fait même grand bruit au Royaume-Uni où les médias cherchent à savoir qui sont ces Gaulois entrés en résistance contre
l'empire aérien Ryanair.

Une compagnie en juin

La réponse de Michael Cawley est donc tombée. Sèche. Le vice-président de Ryanair se dit « très déçu » par les Charentais qui n'ont pas donné suite à une proposition de liaison sur les deux seuls
mois de juillet et août (contre 130 000 euros quand même). Il ajoute que cette lettre sert de préavis au départ de la compagnie aérienne et annonce sa volonté de rendre publique cette décision
prochainement.

Les élus charentais n'ont pas dit leur dernier mot pour autant. Convention en main, ils entendent désormais régler l'affaire sur le terrain judiciaire, Ryanair n'ayant pas tenu ses engagements,
vraisemblablement devant une juridiction internationale.

Reste l'avenir des vols commerciaux sur l'aéroport d'Angoulême-Cognac. Patrick Berthault dit que les partenaires du Smac (Conseil général, Grand-Angoulême et CCI) sont sur « une piste sérieuse. Il
s'agit d'une option beaucoup plus simple, raisonnable, avec une compagnie qui laisserait un avion à disposition sur l'aéroport, ainsi que le personnel pour l'entretenir. Nous devons régler
différents détails entre partenaires, avant d'en dire plus. »

Selon nos informations, cette piste, tout à fait viable, pourrait permettre à l'aéroport d'ouvrir, non pas une, mais trois nouvelles lignes commerciales. Vers Marseille, Lyon et... Londres-Gatwick,
l'aéroport le plus accessible depuis le centre de Londres. L'opportunité devrait se débloquer prochainement pour une ouverture des trois lignes au mois de juin prochain. Les prix des billets
devraient être « concurrentiels » vis-à-vis de ceux de Ryanair.

Bertrand Ruiz


nolowcost 16/02/2010 11:07


La suite sur le Blog Charente Libre :

La Charente rejette les exigences de Ryanair

Lundi 15 février 2010

Jean-François BARRÉ


La Charente au septième ciel avec Ryanair, cela semble bien plombé et la Saint-Valentin s'annonce morose. Fini, les billets doux. l'heure est au désamour. Et comme souvent dans les couples, pour
une histoire de gros sous. Hier après-midi, c'était réunion Smac, le syndicat mixte des aéroports de Charente, et l'ambiance n'était pas aux bisous. Le syndicat a voté son budget. Y a inclus la
ligne budgétaire correspondant aux passengers fees, cette subvention à la communication de la compagnie aérienne.

Ce sera 270.000 euros TTC. Pas un de plus. C'est juste ce que prévoyait, pour le troisième et dernier versement, le contrat passé avec la compagnie low cost au lancement de la ligne aérienne
Angoulême-Londres pour cinq ans et trois rotations hebdomadaires entre avril et septembre. Pas question de verser la rallonge de 175.000 euros que réclamait Ryanair pour continuer à assurer la
prestation. celle-là même qui avait incité Michel Boutant, le président du conseil général, à grimper aux rideaux et dénoncer les méthodes de flibustier du transporteur aérien.

Après quelques semaines de turbulences, de différences d'appréciation entre un conseil général inflexible et une chambre de commerce et d'industrie (CCI) plus encline à la négociation.
«Aujourd'hui, tout le monde a adopté la même position», indique Patrick Berthault, le président du Smac. En clair: «Le contrat, rien que le contrat.» C'est balayer d'un revers de manche l'avenant
que voulait proposer la compagnie: 130.000 euros au lieu des 270.000 du dernier versement, mais pour seulement deux mois de desserte, en juillet et août. «Inacceptable», ont dit en choeur hier les
membres du syndicat. «C'est une histoire de gentlemen qui respectent leur parole, traduit Michel Boutant. Et les gentlemen, c'est nous.»

Encore tendre une perche

«Le piège, ce serait un avenant, concède Daniel Braud, le président de la CCI. Cela nous conduirait directement à la rupture du contrat». Pour autant, les membres du Smac n'ont pas voulu verser
dans le catastrophisme. Alors qu'il s'apprêtait à transmettre par fax la position de son syndicat, Patrick Berthault voulait encore tendre une perche. «Nous, on est prêts à rediscuter, mais sur la
base du contrat.» A traduire: une rallonge ne pourrait être que la contrepartie d'une ligne supplémentaire. Parce que les Charentais ont déjà payé par avance.

La base du contrat avec Ryanair, c'était 7,40 euros par passager, sur la base de 25.000 passagers par an pendant cinq ans. Une somme qui a été étalée sur les trois premières années. L'Europe ne
permet en effet d'aides au démarrage de l'activité que sur cette période, et si elles sont dégressives.

Hier, personne n'a voulu prononcer le mot à voix haute, mais tout le monde pensait justice. Pour faire respecter le contrat. Sans trop d'illusion. Fataliste, Daniel Braud: «De toute façon, si ce
n'était pas cette année, cela nous serait tombé dessus l'année prochaine. Une fois que l'on a payé, Ryanair n'a plus rien à prendre. Cela ne les intéresse plus.» Même si Daniel Braud rappelle la
rentabilité de la ligne et ses 87 % de taux de remplissage, il semble ne plus se faire d'illusions. «Il y a 99 chances sur cent que Ryanair, ce soit fini. J'ai l'impression que, dans leur tête, ils
sont déjà partis».

Au point que le Smac s'est mis à envisager sérieusement une solution de repli. Avec une préoccupation: «Maintenir les vingt-cinq emplois sur l'aéroport.»

http://blog.charentelibre.com/journal/index.php?post/2010/02/15/5071-la-charente-rejette-les-exigences-de-ryanair


media dissertation 08/01/2010 15:23


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perez 14/12/2009 12:14


Parfaitement d'accord. D'ailleurs il est très amusant de voir des labels "eco" sur des véhicules de nos chers constructeurs francais quand on sait que les différentes pièces viennent de parfois
très loin à partir du moment qu'au niveau achat l''acheteur y trouve son compte.
N'oublions pas non plus qu'avec l'argent des contribuables par le prêt que nous avons octroyés à nos chers constructeurs nous financons indirectement des projest de délocalisations.
Bravo encore pour votre site.

Rappelons nous d'un slogan d'il y a quelques années : "Nos emplettes sont nos emplois ".