Les contribuables continuent de subventionner les vols low cost

Publié le par nolowcost

shutterstock_34174654.jpgNo Low Cost l'a écrit, No Low Cost l'a dit, No Low Cost le répète. Ce sont les contribuables qui par le biais de leurs impôts subventionnent les billets d'avions à bas prix des compagnies low cost. Nous avions rédigé il y a quelques semaines un post expliquant ce transfert du coût des billets sur le budget des collectivités en prenant l'exemple de Pau, où l'agglomération a décidé (un temps du moins !) de ne plus se laisser faire. En revanche, du coté de Lubeck, en Allemagne, les habitants semblent très contents d'être les dindons de la farce. C'est ce qui apparaît à la lecture de AIr Journal dont nous retranscrivons l'article ci-dessous.

 

"Les habitants de la ville de Lubeck en Allemagne ont voté pour continuer à payer Ryanair et ainsi conserver l’activité de leur aéroport, que la low cost appelle Hambourg.

C’est à pratiquement deux contre un que les habitants de Lubeck ont voté pour que la low cost irlandaise Ryanair continue à recevoir des subventions publiques et maintienne pendant au moins deux ans sa présence sur l’aéroport de cette ville du nord de l’Allemagne, appelée Hambourg sur le catalogue de Ryanair comme Beauvais est appelée Paris. 

La décision a bien sûr déclenché la furie de la compagnie nationale Lufthansa, qui avait exhorté les habitants pour qu’ils préfèrent avoir des crèches, des salles de classe et des lits d’hôpitaux plutôt que d’enrichir Ryanair. Lufthansa, à l’instar d’Air France/KLM et d’autres compagnies « traditionnelles », est partie en guerre contre les subventions reçues par les low cost, estimant que Ryanair reçoit des centaines de millions d’euros de la part des aéroports européens sur lesquelles elle est présente.

La Cour des Comptes française avait parlé récemment d’un total de 35 millions d’euros touchés par la low cost en France, au titre des services d’aéroport ou de l’aide au marketing, un chiffre qui pourrait monter à 660 millions en Europe. Elle avait aussi cité le cas de l’aéroport de Bergerac qui touchait 500 000 euros de subventions publiques pour éviter la faillite, mais avait donné à Ryanair 2,3 millions d’euros. Et gare à ceux qui refusent de payer: Ryanair partira s’installer dans un autre aéroport plus docile, comme Manchester en a fait l’expérience en octobre dernier au profit de Leeds, ou plus récemment Budapest…"

Publié dans Aviation

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roman 17/06/2010 11:33


ça fait un moment que j'écris sur les compagnies low cost et notamment sur Ryanair. L'équilibre financier de cette compagnie ne tient qu'au subventions qu'elle perçoit.
http://tinyurl.com/2v8wsa5


nolowcost 16/06/2010 15:06


Transport aérien
Une députée demande à Bruxelles de clarifier les aides aux compagnies low cost

publié le 15 juin 2010 (localtis.fr)

En pleins démêlés judiciaires entre la compagnie à bas coûts Ryanair et Air France, la députée du Puy-de-Dôme Odile Saugues (PS) a présenté, mardi 15 juin, son rapport d'information sur la
concurrence dans le secteur aérien. Un rapport dans lequel elle appelle la Commission à clarifier les aides des aéroports régionaux et à créer un "espace d'équité". "Si on veut une concurrence
libre et non faussée, il faut évoquer la question du coût du travail, du dumping social", a-t-elle déclaré devant la presse, allusion aux pratiques de Ryanair qui applique le droit irlandais, plus
avantageux, à ses 120 employés de Marseille, l'unique base de la compagnie en France. Le directeur général de Ryanair avait récemment qualifié de "stupide" un décret de 2006 obligeant les
compagnies étrangères installées en France à appliquer le droit français. "Michael O'Leary a une façon de dire 'la loi je m'assois dessus' assez insupportable", a déclaré la députée. "Le monde de
l'aérien se modifie, le modèle économique changent, les compagnies aériennes sont menacées par le système low cost", considère-t-elle. Or son rapport intervient au moment où Bruxelles s'apprête à
actualiser les lignes directrices sur les aides d'Etat au transport aérien qui datent de 2005. Aujourd'hui, la Commission autorise les aides uniquement pour les nouvelles routes et pour un temps
limité, l'aide ne devant alors compenser que les coûts additionnels au démarrage (publicité, marketing, etc.). En revanche, elle considère que les rabais sur les charges aéroportuaires et sur les
redevances d'assistance en escale faussent la concurrence.
A l'approche de la révision des lignes directrices, le ciel européen est en ébullition. Une eurodéputée allemande verte, Frida Brepoels, vient d'interpeler la Commission sur le cas de l'aéroport de
Charleroi qui a connu une croissance de 33% en 2009 grâce notamment à Ryanair, et ne peut plus être considéré, selon elle, comme un petit aéroport régional : désormais, Charleroi entre directement
en concurrence avec l'aéroport de Zaventem, à Bruxelles. Or, contrairement à ce dernier, Charleroi est exempté de nombreux frais tels que les coûts de services de secours et d'incendie et de
sécurité. L'eurodéputée avait aussi mis en avant le fait que, comme pour l'affaire de Marseille, les salariés de Ryanair étaient payés 60% moins cher que ceux des compagnies belges.
Pour les élus, la situation est délicate car les compagnies low cost dopent l'économie locale. Avec 1,7 million de passagers prévus en 2010 à Marseille, Ryanair est en position de force et n'a pas
hésité à menacer de plier bagage, alors qu'une procédure est ouverte à son encontre suite à une plainte d'Air France. La compagnie dénonce d'ailleurs le lobbying d'Air France en difficulté
financière. Et le sénateur-maire de Marseille Michel Gaudin lui apporte son soutien. Un précédent a déjà eu lieu à Pau : l'aéroport a dû doubler son aide marketing pour ne pas voir la compagnie
voler sous d'autres cieux.


Michel Tendil