Low cost et qualité sont-ils compatibles ?

Publié le par nolowcost

Pierre Frossard s'interroge ce matin dans L'Usine Nouvelle sur les risques du Low Cost. Nous reproduisons ci-dessous son éditorial qui fait écho à notre livre :

Low-cost et qualité sont-ils compatibles?

Le 16 novembre 2009 par Fabrice Frossard
Fabrice Frossard 

Notre enquête de conjoncture sur la sous-traitance livre son verdict : pas de reprise avant la mi-2010. Dans l’intervalle, les sous-traitants tentent tant bien que mal de survivre en tirant sur les différents postes de dépenses.

Hasard des rencontres et du calendrier, j’ai eu l’occasion récemment de discuter avec un responsable qualité d’un très grand compte. Au fil de la discussion, il m’interroge sur les transferts en pays low-cost de la sous-traitance. Plus un constat qu’une question en fait. Pour lui, dans le cadre de son métier, qu’il exerce depuis plus de vingt ans, il y a péril à ces transferts.

Pour titrer au maximum les coûts, son employeur via le directeur achat sous-traite des pièces critiques dans divers pays dits low-cost. En tant que responsable qualité, mon interlocuteur dit retoquer une grande majorité des pièces proposées. Pas aux cotes, pas aux normes, mal finies…Faire et refaire.

Autre constat, ce transfert de sous-traitance s’accompagne aussi de licenciements chez les sous-traitants et partant d’une perte de compétences, et parfois de propriété intellectuelle, en France. Cet effet ciseau est imparable : des pièces non-conformes, une perte de savoir-faire chez les sous-traitants en France contraints à la fermeture, et au final des retards dans la fabrication du produit fini et augmentation du coût global sous prétexte d’économie.

Ce retard sera bien sûr imputé à la sous-traitance. Ce qui, dans les faits, n’est pas faux. Mais il est tout aussi possible d’imputer ces retards à la politique globale de l’industriel en question, qui, soucieux de tirer les coûts et de diminuer sa masse salariale, transfère sans grandes précautions une partie de son métier. Pour le responsable qualité, cette politique est insoutenable à termes. Mais peut-être a-t-il tort ? Votre avis ?

Fabrice Frossard

(Photo @ SL)

Publié dans Opinion

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Peron 28/01/2010 22:12


Je partage totalement votre opinion.
A la différence que je suis dans mon coin, à me demander si d'autres pensent pareil. On peut rajouter beuacoup d'autres choses graves : CO2 sur transport. Perte d'emplis présent et futur pour les
jeunes, lesquelles achètent sans réaliser qu'ils se vendent. Ils ne retrouveront plus l'argent de leur tee shirt à 2 €, par million.
Partits les €. Partit l'emplois de leur père/mère et le leur, puisque l'usine n'est plus là.Donc un jour, avec zéro €, que pourront ils acheter ? Même la mauvaise qualité sera un luxe.