Pourquoi les compagnies low cost sont allergiques aux nuages de cendres volcaniques

Publié le par nolowcost

Les compagnies aériennes invoquent le principe de précaution, ou le principe de sécurité, pour justifier les annulations de vols. La vérité est ailleurs. Si Easyjet ou Ryanair annulent leurs vols, c'est par souci d'économie. L'Usine Nouvelle nous le rappelle dans l'article reproduit ci-dessous :

 

"La compagnie aérienne Easyjet a souffert de l'éruption du volcan islandais, mais ses clients également : des dizaines de vols ont été annulés de manière préventive.

Easyjet a réduit ses prévisions de bénéfice en raison du nuage de cendres volcaniques. La direction espère désormais 100 à 150 millions de livres, contre 175 à 200 millions auparavant. Easyjet a transporté 3,49 millions de passagers en avril, soit 7,6% de moins qu'au même mois en 2009. Le nuage de cendres en est la principale raison, mais le système de rotation des avions a accentué son impact.

 

Une organisation rigide


Pour les compagnies low-cost, il est souvent moins cher d'annuler un vol que de devoir le dérouter. L'organisation de ces compagnies est particulière: les rotations des avions sont plus larges et plus complexes. L'assistance en escale est sous-traitée et fractionnée. Par exemple, un même avion peut enchaîner des trajets Paris-Nice, Nice-Barcelone et Barcelone-Bilbao. Il suffit que ce dernier parcours soit rendu impossible par le nuage de cendre pour tout désorganiser. Si une opération de maintenance était prévue à Bilbao, il faudra l'effectuer ailleurs, ce qui entraînera des surcoûts. Conséquence: Easyjet et Ryanair ont annulé de nombreux vols ce week-end dans toute l'Europe, alors que l'espace aérien était praticable dans la plupart des pays.

Easyjet reste une société en bonne santé. Si 58,9 millions de livres ont été perdus sur le premier semestre de son exercice actuel, ce chiffre est en recul de 31% par rapport à la même période en 2009. Le chiffre d'affaire est en hausse de 13,3%, le nombre de passagers croît de 10,6%. La direction a également annoncé une forte croissance de ses revenus annexes (les services payants en cabine), qui atteignent 10,23 livres par passager (+12%), une bonne avancée de son plan d'économies et une baisse de ses coûts de carburant.

Mais toutes ces annulations de dernière minutes ont provoqué un réel mécontement chez les voyageurs. La plupart vont demander à être remboursés, Easyjet a déjà annoncé que ces demandes seront traitées au cas par cas."

Publié dans Aviation

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nolowcost 13/05/2010 08:45


Quelques informations supplémentaires sur le sujet : Réputées pour être très regardantes sur leurs coûts de fonctionnement, les compagnies low cost ont pourtant l'annulation facile. Le nuage de
cendres cloue périodiquement les avions au sol mais RyanAir et EasyJet suppriment des vols alors qu'elles ont l'autorisation de voler, ce que ne font pas les compagnies traditionnelles.

* pictoTrafic aérien perturbé dans le sud de l'Europe à cause du nuage
* pictoLes cendres d'Islande détourneront-elles les vols transatlantiques ?
* pictoLa cendre islandaise perturbe le ciel français

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Trafic aérien perturbé dans le sud de l'Europe à cause du nuage

En France, près de 70 vols, essentiellement à destination du nord de l'Italie et du Portugal, ont été annulés dimanche dans plusieurs aéroports, mais son espace aérien n'était pas touché par le
nuage de cendres volcaniques.
Publié le 09/05/2010 Trafic aérien perturbé dans le sud de l'Europe à cause du nuage
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Les cendres d'Islande détourneront-elles les vols transatlantiques ?

Le nouveau nuage de cendres craché par le volcan Eyjafjöll s'est déplacé vers l'ouest, dégageant l'espace aérien du Royaume-Uni. Mais les vols transatlantiques devront peut-être suivre de nouvelles
trajectoires.
Publié le 06/05/2010 Les cendres d'Islande détourneront-elles les vols transatlantiques ?
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La cendre islandaise perturbe le ciel français

Les dernières bouffées de cendres émises par le volcan Eyjafjöll perturbent déjà le trafic aérien en Espagne et au Portugal. En France, une quinzaine de vols sont annulés à Marseille.
Publié le 08/05/2010 La cendre islandaise perturbe le ciel français

Plus d'infos

A Nice, plusieurs vols ont ainsi été supprimés le week-end dernier, après des premières annulations dans les aéroports suisses. La raison : décoller, même avec le plein de voyageurs, n'est pas
rentable dans les conditions imposées par l'éruption volcanique. "Bien avant le nuage, explique Arnaud de Blaw rédacteur en chef adjoint du magazine UFC-Que Choisir, on avait des retours de
problèmes, avec Easyjet notamment. Ces compagnies annulent rapidement car cela désorganise leur rotation de vols. Plutôt que d'avoir à prendre en charge les passagers, ils préfèrent tuer le
problème dans l'œuf."

Voici l'explication : la rentabilité d'une compagnie low cost dépend surtout de son temps de rotation sur une destination. Contrairement aux transporteurs traditionnels, qui utilisent souvent le
même appareil pour un trajet aller-retour, les low-cost pratiquent des rotations en étoile, pouvant passer par exemple de Marseille à Budapest puis Londres. Le moindre problème sur une étape du
trafic peut se révéler "fatal" sur toute la rotation :"S'ils envoient un avion dans un aéroport qui reste ensuite bloqué alors que ce n'est pas son bout de ligne, c'est dramatique pour eux en terme
d'utilisation de moyens", explique Didier Bréchemier, consultant chez Roland Berger, cabinet de conseil en stratégie. Avec ces annulations en cascade, un avion cloué au sol peut coûter jusqu'à
4.000 euros de l'heure. Les low cost préféreraient donc supprimer des vols, ce qui leur coûte moins cher qu'un avion bloqué. Qui plus est, elles desservent souvent des petits aéroports dont les
capacités de parking restreintes les exposent beaucoup plus aux risques de désorganisation.

Les limites d'un modèle

Ces compagnies nient pourtant une logique purement comptable. "La décision d'annuler ses vols n'est pas motivée par raisons économiques", explique Easyjet, qui affirme avoir suivi les
recommandations d'Eurocontrol, l'Organisation européenne de la navigation aérienne, pour justifier ces annulations. La Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui elle-seule est chargée de
la sécurité du ciel français, avait pourtant maintenu l'espace aérien ouvert le week-end dernier ou plusieurs vols de compagnie low cost ont été annulé. Air France, elle, n'a supprimé aucun vol
dimanche.

" Cette histoire de nuage a montré les limites du modèle des low-cost", explique une source aéroportuaire. Contrairement à ses confrères discount qui préféreront attendre que les aéroports puissent
garantir une efficacité optimale, un "grand" transporteur n'a pas les mêmes considérations. En termes de coûts globaux, maintenir le plus grand nombre possible de vols est plus rentable pour une
compagnie traditionnelle, qu'un déroutage vers des aéroports bien équipés n'effraie pas. Les grandes compagnies marquent donc un point. En plus d'un plateau repas avec un rince-doigt qui sent bon
le citron, elles ont permis parfois de sauver vos vacances.