Procréation assistée low cost : à qui profitent les bas coûts ?

Publié le par nolowcost

Dans beaucoup de domaines, le low cost peut être considéré comme une dérive déplorable du capitalisme. Mais ces conséquences demeurent sans incidences graves. Si le consommateur est souvent le dindon de la farce,  l'acte d'achat d'un vêtement low cost (qui ne sera plus portable après le premier lavage) ou de jambon low cost (en fait du paté reconstitué) n'a pas de conséquences dramatiques. Il en va différemment quand des apprentis sorciers adaptent les procédures low cost au secteur de la santé. Dans "No Low Cost", nous évoquons longuement ces centres médicaux ukrainiens ou indiens qui proposent notamment des procréations assistées et des mères porteuses aux couples d'occidentaux stériles. Ces initiatives s'apparentent souvent à une nouvelle forme de colonialisme et d'esclavage. Nous nous posons à nouveau des questions quand une fondation dont le siège se trouve à Lugano, en Italie, finance des centres spécialisés en Tanzanie, en Afrique du Sud, ou au Soudan. Comme nous pouvons le lire dans swissinfo.ch, le coût de la fécondation assistée est annoncé à moins de 300 dollars. Une performance quand d'autres organismes proposent les mêmes résultats pour plusieurs dizaines de milliers de dollars.

« Dans certaines régions, l'infertilité peut s'avérer particulièrement stigmatisante. Une femme qui ne parvient pas à procréer – indépendamment du fait que la cause de la stérilité soit à rattacher à l'époux – est souvent bannie par la société. Souvent, son seul moyen de survie est la mendicité ou la prostitution. Le taux de suicide parmi les femmes considérées comme stériles est très élevé », explique le docteur Luca Gianaroli, directeur de l'Institut international de médecine de la reproduction de Lugano, et président de l'European Society of Human Reproduction and Embriology (ESGRE).

« Partant de ce constant, nous avons considéré que le moment était venu de faire profiter à leur tour ces populations des méthodes que nous avons contribué à développer », ajoute le gynécologue italien, qui a décidé en 2007, avec trois autres experts de la procréation assistée - les Australiens de Alan Trounson et Ian Cooke ainsi que la Finlandaise Outi Hovatta - de créer la Low Cost IV Foundation.

Alors, quel est le secret de la procréation low cost ?

« Nous avons dû repenser les méthodes, simplifier les techniques et réduire les indications cliniques. Cela signifie que tous les patients ne peuvent pas forcément être soumis à ces traitements », souligne encore le docteur Luca Gianaroli.

Ainsi, pour une stimulation ovarienne, les médecins recourent à des médicaments peu coûteux en lieu et place des formes combinées de gonadotrophine, utilisées dans les cliniques en Occident. La incubateurs de cellules à anhydrides carboniques, destinés à la culture des embryions avant d'être transmis dans l'utérus, sont remplacés par des petites capsules de matière plastique.

« Dans les pays occidentaux, le 90% des équipements de pointe des laboratoires ne servent que le 10% environ des couples stériles. En éliminant ces 10%, on diminue une partie importante de ces dépenses élevées . De plus, nous achetons du matériel jetable, en quantité raisonnable et nous privilégions les fournisseurs indiens à ceux européens, par exemple. Et puis, les salaires du personnel médical et les coûts des infrastructures en Tanzanie et au Soudan sont nettement inférieurs aux nôtres », précise le chercheur italien.

Chez NoLowCost, nous restons très sceptiques.

Publié dans Opinion

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