VSD ne veut pas devenir un magazine low cost

Publié le par nolowcost

Les salariés du magazine VSD s'apprêtent à entamer leur neuvième jour de grève. Ils s'opposent à la mutation de leur magazine en publication low cost.

Nous reproduisons ci-dessous l'article de Marianne2.fr.

 

VSD ne veut pas devenir un magazine low cost

Régis Soubrouillard | Jeudi 15 Avril 2010 à 05:01 |


En grève depuis une semaine, la rédaction de VSD s'oppose au projet de magazine low-cost présenté par la direction du groupe Prisma, qui prévoit, outre la suppression d'une dizaine de pages rédactionnelles, la disparition de 10 postes de journalistes. Les salariés ont présenté un contre-projet éditorial.



VSD ne veut pas devenir un magazine low cost
En grève depuis le 6 avril, les salariés de VSD sont bien décidés à ne pas céder au projet de magazine low-cost présenté en décembre dernier par la direction du groupe Prisma. Le projet rédactionnel prévoit notamment la suppression d’une dizaine de pages  rédactionnelles remplacées par des programmes et grilles TV réalisées par le pôle TV de Prisma Presse.

Une mutualisation loin de faire l’unanimité au sein du titre, notamment parce qu’elle pourrait préfigurer d’autres réformes de ce type. Par ailleurs, le projet prévoit la suppression de 10 postes de journalistes en CDI sur une rédaction de 49 personnes.
« On nous parle de 10 suppressions de postes mais Paul Wermus et Florence Belkacem, c’est à eux seuls 165.000 euros par an. Ils nous disent qu’ils sont prêts à réexaminer la rémunération des deux. On attend de voir » explique Emmanuel Vire, délégué SNJ-CGT chez Prisma Presse.

Un contre-projet éditorial élaboré par la rédaction

La rédaction s'inquiète également de la nomination d'un rédacteur en chef à mi-temps, Philippe Bourbeillon, par ailleurs rédacteur en chef de Télé-Loisirs. Dans le même ordre d’idées, le titre doit partager son responsable graphique avec Voici.

Le comité d’entreprise bloque la mise en place de ce plan, une partie de la rédaction a même élaboré un contre-projet : « l’idée serait de revenir au VSD historique : un hebdo poil à gratter, avec beaucoup de sport. Alors que le projet de la direction, c’est actu-loisirs-télé. La rédaction n’est pas d’accord. D’ailleurs, ils pillent les idées de notre contre-projet ».
 
Chaque jour qui passe, la situation est plus tendue. Et vire au dialogue de sourds. Editeur des pôles féminin-people-actualité-télévision, Philippe Labi aurait « pété les plombs » lors d’une assemblée générale du groupe Prisma: « pendant une interruption de séance, on a tous brandi des pancartes « VSD en grève ». J’ai crié « Où est l’éditeur ? », il s’est énervé et m’a dit « viens, on va s’expliquer dehors !» raconte le délégué syndical.

Un épisode qui, selon certains salariés du groupe, reflète la fragilité de Philippe Labi : « l’échec de VSD, c’est l’échec de la nouvelle formule, imaginée par Jacques Séguéla et Denis Jeambar. C’était une idée de Philippe Labi. C’est à partir de là que la diffusion a décroché. Aujourd’hui Labi est fragilisé. Il n’a reçu aucun soutien de la part de Rolf Heinz (NDLR : le patron de Prisma Presse) Les patrons se désolidarisent de lui » témoigne un journaliste.

Des ventes en chute libre

Oublié, en effet, le temps où le magazine diffusait jusqu’à 250.000 exemplaires par semaine. Aujourd’hui, il ne franchit même plus la barre des 100.000. Depuis le début de l'année, la diffusion moyenne s'établit à 96.000 exemplaires contre 127.000 en 2009 (chiffres OJD). L’un des derniers numéros, avec Domenech en une, a péniblement atteint 68.000 exemplaires.

Aujourd'hui, la grève a été reconduite. Une mobilisation massive qui préfigure sans doute d'autres mouvements à venir tant le secteur de la presse est affaibli. Une pétition de soutien à l'équipe de VSD circule, qui aurait recueilli 150 signatures et la rédaction envisage déjà d’autres actions « spectaculaires » dans les jours à venir, histoire de populariser le mouvement. Notamment auprès de people proches du titre. Si la grève est très suivie, les journalistes ne souhaitent pas empêcher la parution du titre : « celui de cette semaine sortira, il y a moins de certitudes pour le prochain. Mais on perdrait 70.000 euros ».

Au-delà de VSD, c’est tout le groupe qui doit composer avec la crise qui affecte aussi les magazines. Gala, l'un des fleurons de Prisma, est passé de 206.000 en 2009 à 195.000 exemplaires cette année. Le projet de déménagement, prévu pour 2011, des cinq sites vers le site unique d’Asnières avait déjà créé des tensions. Face à la pression des salariés, la direction avait opté pour Gennevilliers. La CEREP, société immobilière filiale du groupe Carlyle, qui devait accueillir Prisma à Asnières a assigné le groupe de presse en justice. Le gain financier annuel estimé à environ 3 millions d'euros serait dès lors compromis si Prisma devait être condamné à signer un chèque de dédommagement.

Publié dans Communication

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